Devenir copilote de rallye : le guide complet
Le copilote est l'autre moitié de chaque équipage de rallye : navigateur, chronométreur, administrateur et voix qui lit les notes à pleine vitesse. C'est aussi l'une des portes d'entrée les plus accessibles en rallye, car il n'est pas nécessaire d'avoir sa propre voiture pour commencer. Ce guide explique en quoi consiste le rôle et comment décrocher votre premier baquet.
Que fait un copilote de rallye ?
Le travail du copilote commence bien avant la spéciale et se termine bien après :
- Avant le rallye : lire les règlements, gérer l'engagement et les formalités, organiser les reconnaissances et l'hôtel, préparer les cahiers et le matériel.
- En reconnaissances : écrire les notes pendant que le pilote annonce la route, puis les vérifier au deuxième passage. Voir comment se déroulent les reconnaissances.
- En liaison : naviguer avec le road-book, calculer les temps impartis et pointer à chaque contrôle horaire à la bonne minute.
- En spéciale : lire les notes avec le bon rythme, suivre la position grâce au trip master et aux repères, et garder son calme quand quelque chose tourne mal.
- À l'assistance : faire circuler l'information entre l'équipage et l'équipe, surveiller l'heure et garder le carnet de bord en lieu sûr.
En d'autres termes, le pilote conduit et le copilote gère tout le reste. Un équipage peut perdre un rallye dans une spéciale, mais tout aussi facilement à cause d'une erreur sur le carnet de bord.
Les qualités d'un bon copilote
- Résister au mal des transports. Lire en étant secoué dans une voiture de rallye n'est pas donné à tout le monde. Essayez avant de vous lancer.
- Le sens du rythme. Les notes doivent tomber au bon moment : assez tôt pour s'y préparer, assez tard pour s'en souvenir.
- Organisation et rigueur. Horaires, pénalités, formalités et planning sont de la responsabilité du copilote.
- Le calme sous pression. Après une erreur ou un tête-à-queue, la voix posée du copilote remet l'équipage sur les rails.
- Une communication claire et constante. Un même mot doit toujours signifier la même chose.
- La condition physique. Les longues journées, la chaleur, le froid et les forts freinages fatiguent aussi le passager.
Comment débuter, étape par étape
- Apprenez le langage. Étudiez le fonctionnement des notes et les termes courants. Notre glossaire du rallye couvre l'essentiel.
- Entraînez-vous à lire. Lisez des notes en même temps que des vidéos embarquées jusqu'à ce que le rythme devienne naturel. Beaucoup de copilotes s'entraînent ainsi pendant des mois avant leur première épreuve.
- Rejoignez un club automobile. Les clubs locaux organisent des épreuves de navigation, des journées de formation et de petits rallyes, et c'est là que les pilotes cherchent des copilotes.
- Devenez bénévole, comme commissaire ou en assistance. C'est le meilleur moyen de voir un rallye de l'intérieur et de rencontrer des équipages.
- Prenez une licence. Pour courir, il faut une licence délivrée par votre fédération nationale de sport automobile (en France, la FFSA). Les conditions, comme l'âge minimum, les formations et la visite médicale, varient d'un pays à l'autre.
- Achetez l'équipement de sécurité. Voir la liste ci-dessous.
- Trouvez un pilote. Commencez avec des pilotes de club d'un niveau proche du vôtre. Beaucoup de pilotes cherchent un copilote pour une seule épreuve au dernier moment : faites savoir que vous êtes disponible.
- Commencez petit. Les épreuves nationales ou de club plus courtes sont un meilleur terrain d'apprentissage qu'un long rallye international.
L'équipement de sécurité du copilote
En rallye, les équipages doivent porter un équipement de sécurité homologué FIA. Les règles exactes dépendent de l'épreuve et du championnat, mais l'essentiel comprend :
| Élément | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|
| Casque | Homologué FIA et compatible avec votre système de retenue de la tête et du cou. Les casques de rallye sont généralement équipés d'un intercom. |
| Système de retenue frontale de la tête (FHR) | Un HANS ou un dispositif équivalent homologué FIA. |
| Combinaison | Combinaison ignifugée homologuée FIA. |
| Sous-vêtements, cagoule, chaussettes | Couches ignifugées homologuées FIA. |
| Bottines | Bottines homologuées FIA. |
Vérifiez les dates de fin d'homologation : l'équipement de sécurité a une validité limitée, et les commissaires techniques la contrôlent. Le copilote emporte aussi ses propres outils de travail : cahiers, crayons, une planchette ou une pince, et souvent un chronomètre ou une horloge de rallye.
Le rallye d'un copilote, des reconnaissances à l'arrivée
Avant l'épreuve
Lisez attentivement le règlement particulier, en particulier l'horaire, les règles des reconnaissances et les procédures des contrôles horaires. Étalonnez le trip master sur le road-book dès que possible et préparez des cahiers propres pour chaque spéciale.
En liaison
Chaque secteur de liaison a un temps imparti. Arriver en avance ou en retard à un contrôle horaire est pénalisé ; selon les règles inspirées de la FIA, la pénalité est généralement comptée par minute, et un retard important peut entraîner la mise hors course. Les pénalités exactes figurent dans le règlement de chaque épreuve. Le copilote calcule quand partir, quand arriver et combien de temps il reste pour un changement de roue ou une réparation.
En spéciale
Lisez en avance, gardez le rythme et sachez toujours où vous en êtes dans les notes. Si vous vous perdez, servez-vous des distances et des repères pour vous recaler, et dites-le clairement au pilote.
Après la spéciale
Vérifiez le temps inscrit sur le carnet, notez ce qu'il faut modifier dans les notes pour le second passage, et préparez le contrôle horaire suivant.
La relation pilote–copilote
La confiance est primordiale. Le pilote doit croire chaque note, et le copilote doit avoir confiance dans l'engagement du pilote. Mettez-vous d'accord sur le système de notes, le volume de l'intercom et la façon de gérer les erreurs avant la première spéciale. Après chaque journée, relisez les notes ensemble, honnêtement et sans reproches.
Les erreurs fréquentes des copilotes débutants
- Lire trop tard, ou si tôt que le pilote oublie la note.
- Se perdre dans les notes et ne pas se recaler rapidement.
- Se tromper dans le calcul d'un contrôle horaire et accumuler les pénalités.
- Écrire des notes trop détaillées pour être lues à vitesse de course.
- Ne pas vérifier le carnet de bord après chaque contrôle.
- Taire le mal des transports ou la fatigue au lieu de s'y préparer.
S'entraîner comme copilote avec RecceLab
RecceLab a été conçu en pensant aux copilotes. Vous pouvez prendre vos notes en reconnaissances avec le GPS, préparer un brouillon à partir d'un itinéraire GPX, et vous entraîner à les lire au rythme d'une vidéo embarquée dans le Studio : un moyen idéal de travailler votre rythme avant votre premier rallye.
Questions fréquentes
Faut-il le permis de conduire pour être copilote ?
Cela dépend de votre fédération nationale. Certaines permettent aux copilotes d'obtenir une licence avant d'avoir le permis de conduire ; d'autres l'exigent. Renseignez-vous auprès de votre fédération.
Peut-on devenir copilote sans expérience ?
Oui. Beaucoup de copilotes débutent dans des épreuves de club sans aucune expérience de la compétition. La préparation, l'entraînement à la lecture des notes et un pilote motivé comptent plus que tout.
Copiloter est-il plus facile que piloter ?
C'est différent, pas plus facile. Le copilote n'a pas de volant, mais il porte la responsabilité de la navigation, de l'horaire et des notes sur lesquelles le pilote s'appuie.
Comment trouver un pilote à copiloter ?
Rejoignez un club automobile, devenez bénévole sur des rallyes et faites savoir aux pilotes de votre région que vous êtes disponible. Être bien préparé et fiable est la meilleure des publicités.